Corporate Finance
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Corporate Finance : qu'est-ce que c'est ?

L’année 1901 marque la naissance de l’US Steel Corporation, issue de la fusion entre la « Federal Steel Company » et les nombreuses aciéries de celui qui deviendra alors le PDG de la société : Andrew Carnegie. L’importance de l’US Steel Corporation ne cessera de grandir tout au long du 20ème siècle et son poids dans l’économie américaine en fera tout autant.

Comment une telle société a donc pu voir le jour ? Comment a-t-elle été accompagnée dans sa croissance et son développement tout au long du siècle ? A qui devons-nous un tel succès ? Tant de questions larges dont la réponse réside avant tout dans une combinaison complexe de divers facteurs. Parmi ces derniers, nous nous attacherons à en présenter un tout au long de cet article : La Corporate Finance (Finance d’Entreprise en français). Qu’en est-il ?

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Définir en quelques mots la Corporate Finance apparaît trop simple tant cette appellation, qui peut faire peur à certains, recouvre un nombre de sujets et de métiers presque inépuisable. En effet, la Corporate Finance (Finance d’entreprise) traite des questions de financement, d’investissement ou encore de rémunération des bailleurs de fonds. On y retrouve de nombreuses professions dont l’objet est justement le traitement de telles problématiques.

C’est pourquoi la plupart des entreprises déjà matures ont un département « Corporate Finance »  chargé de traiter ces sujets. Cet article sera donc l’occasion d’approcher sommairement ce concept technique très large, et ne prétendra à aucune autre aspiration que celle-là.

Les origines de la Corporate Finance : une approche historique

Comme nous l’avions mentionné en guise d’introduction, le 20ème siècle et la conjoncture économique qui a accompagné chacune de ses décennies ont été un terreau favorable au développement de la Corporate Finance. En effet, chaque décennie a mis en lumière de nouvelles problématiques auxquelles la théorie financière a tenté de répondre progressivement.

Le début du 20ème siècle a, effectivement, été marqué par des opérations de concentration économique : la fusion qui a donné naissance à l’US Steel en est l’exemple parfait. Il est nécessaire de rappeler que la fin du 19ème siècle a consacré le début de la révolution industrielle américaine comme aimait le défendre W.W.Rostow (Les étapes de la croissance économique) .

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Ce « rattrapage » économique américain (relativement aux grandes puissances européennes) a été caractérisé par deux grands secteurs : l’industrie pétrolière et l’industrie métallurgique. Pourquoi les mentionner ? Ces deux secteurs ont un point commun : ils sont sujets à des coûts fixes très importants incitant à la concentration économique. Nous avions déjà mentionné l’US Steel, mais nous aurions pu également citer la Standard Oil fondée par le célèbre John Rockfeller. Vous l’aurez compris, la première grande vague de fusions-acquisitions qui a marqué le début du 20ème siècle est née des caractéristiques du démarrage de la croissance américaine.

La multiplication de ces opérations financières a eu des conséquences majeures sur la théorie et l’industrie financière. En effet, d’énormes quantités de titres financiers ont été délestées sur les marchés financiers, suscitant alors l’interrogation des analystes financiers : c’est ainsi que le rôle du banquier d’affaires a connu une véritable révolution.

Souvenons-nous que le 20ème siècle a été le théâtre de la Grande Dépression, laquelle a entrainé des milliers de faillites d’entreprises américaines. Encore une fois, la Corporate Finance s’est penchée sur les problématiques qui en ont résulté : gestion de la liquidité, production et contrôle de l’information financière, etc… L’importance cruciale de la trésorerie et de la comptabilité venait d’être démontrée.

Le contexte économique d’après-guerre a, encore une fois, donné naissance à de nouvelles problématiques auxquelles la théorie financière a tenté de répondre. En effet, les trois décennies qui ont succédé à la 2ème Guerre Mondiale ont consacré une période de croissance exceptionnelle pour les pays développés actuels : on parlait des « Trente Glorieuses » (cf Jean Fourastié).

Il est essentiel de rappeler que cette croissance exceptionnelle a été avant tout permise par une nouvelle division scientifique du travail (DST) dont l’usine fordiste est apparu comme le parangon. C’est alors que les notions de budget, de planification financière et de décisions d’investissement sont véritablement apparues. Il était alors à la charge du responsable financier d’allouer de la manière la plus efficiente les capitaux à sa disposition. Ces questions ont notamment permis à des métiers que nous connaissons bien aujourd’hui de voir le jour, comme celui du contrôleur de gestion.

La fin de cette période de croissance n’a pas marqué le désintérêt de la Corporate Finance pour de telles problématiques. Une nouvelle fois, la conjoncture économique et l’évolution institutionnelle qui l’a accompagné a fait naître de nouveaux enjeux sur lesquels la Corporate Finance s’est penchée. Les années 1970s ont été celles de la libéralisation financière, de l’ouverture tant géographique qu’institutionnelle des marchés financiers. Cette décennie a consacré l’avènement de nouveaux investisseurs et de nouveaux produits financiers.

Nous avons ainsi assisté à l’émergence des petits porteurs et des fonds d’investissement qui ont souhaité les accompagner. Ainsi, la théorie financière a cherché à valoriser les entreprises et les cash-flow (flux de trésorerie) au sein de modèles financiers toujours plus complexes. Ces fonds d’investissement ont donné lieu à de nouveaux métiers qui, aujourd’hui, s’intègrent pleinement au secteur de la Corporate Finance : nombreux sont les postes d’analystes financiers qui ont trouvé preneurs.

A la lumière du siècle dernier, il résulte que la Corporate Finance demeure un domaine très large qui traite de nombreuses problématiques dont les métiers qui la composent se sont emparés.

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La Corporate Finance et ses activités : entre professions et objectifs

Nous avons déjà esquissé quelques-unes des professions qui composent la Corporate Finance ainsi que les questions très générales auxquelles elles tentent de répondre. Il s’agit maintenant de dresser un portrait plus exhaustif de chacune de ces activités.

Comme nous l’avions mentionné en introduction, la Corporate Finance traite trois grandes activités : l’investissement, le financement et la rémunération des bailleurs de fonds. Il est évident que de nombreuses activités gravitent autour de ces dernières et, de ce fait, s’inscrivent également dans le champ de la Corporate Finance. Quelles-sont-elles ?

Le financement : De la planification financière à la gestion des liquidités

La planification financière a un rôle essentiel dans la stratégie de toute entreprise : elle permet d’orienter cette dernière et de s’assurer de sa cohérence financière. En général, ce sont les équipes de FP&A (Financial Planning & Analysis) qui sont chargés de telles missions. Concrètement, les équipes de FP&A déterminent le prévisionnel de l’entreprise (Business Plan) et construisent le budget de cette dernière en conséquence. Elles ont aussi pour mission de comparer les écarts entre les prévisions et l’activité réelle de l’entreprise afin de piloter au mieux la stratégie de l’entreprise par la finance.

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Dans la même optique de pilotage de l’activité, les départements Corporate Finance composent généralement avec une équipe Contrôle de Gestion. Cette dernière est chargée d’analyser chaque activité de l’entreprise ainsi que les coûts qui lui sont incombés. Le contrôleur de gestion aide ainsi le top management à prendre des décisions stratégiques à partir d’une analyse sectorielle issue des documents comptables.

Le rôle du comptable n’est ainsi pas à négliger. Il établit des rapports issus des différentes transactions régissant l’activité de l’entreprise afin de faire un état des lieux sur sa santé financière. Il est donc le fer de lance de toute la Corporate Finance.

Enfin, chaque transaction liée à l’activité de l’entreprise (paiement, versement des salaires, achats de matières premières, etc…) induit donc des mouvements de liquidités, lesquels supposent une gestion optimale de ces dernières. On retrouve ainsi le rôle du trésorier qui n’est autre que d’assurer la liquidité nécessaire au fonctionnement quotidien de l’entreprise. Le trésorier se doit également de faire fructifier les liquidités à sa disposition dont l’entreprise n’a pas besoin à l’instant T.

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L’investissement : De l’analyse à la prise de décision

Comment établir la rentabilité d’un investissement potentiel ? Comment sélectionner la meilleure opportunité d’investissement quand tout est possible ? Pourquoi décider d’investir dans une entreprise A et pas dans une entreprise B ? Tant de questions auxquelles les analystes financiers tentent de répondre.

Il est important de noter que, malgré son caractère « corporate » (entreprise en français), la Corporate Finance ne concerne pas que l’entreprise, ou du moins l’entreprise d’un point de vue interne. L’émergence du banquier d’affaires à la fin du 19ème siècle et sa consécration depuis les années 1980s (cf financiarisation de l’économie) ont rendu nécessaire les analystes financiers « Corporate ».

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En ce sens, les mathématiques financières sont devenues cruciales afin d’aider à la prise de décision. Comment déterminer la valeur actuelle d’un investissement selon son rendement futur ?

Prenons un exemple : Soit deux investissements A et B. L’investissement A nécessite un investissement initial de 200 alors que l’investissement B nécessite un investissement initial de 300. Nous savons que l’investissement A nous rapportera 50 pendant 10 ans contrairement à l’investissement B qui, lui, nous rapportera 70 tous les ans pendant 10 années. Néanmoins, compter tenu de l’inflation actuelle et des prévisions de la Banque Centrale Européenne, cette inflation établie aujourd’hui à 5% devrait perdurer pendant 10 ans également (cette hypothèse ne présage rien de l’avenir mais s’inscrit uniquement dans le cadre de cet exercice).

Quel investissement est le plus rentable ? L’analyste financier répondrait donc à cette question à partir d’une équation de mathématiques financières appelée la Valeur Actuelle Nette (VAN) dont la formule est la suivante :

VAN= – INVESTISEMENT INITIAL + (Cash Flow 1)/(Taux d^’ actualisation 1) +⋯
+ (Cash Flow 10)/(Taux d^’ actualisation 10)

Les Cash Flow représentent ce que l’investissement nous rapporte chaque année. Ainsi, pour l’investissement A ils s’élèveront à 50 chaque année contre 70 pour l’investissement B.

Aussi, nous avons mentionné dans l’équation ci-dessus le « taux d’actualisation ». C’est un autre concept fondamental en Corporate Finance qui nous permet de donner à un objet futur sa valeur d’aujourd’hui. Il apparaît donc évident que l’argent que notre investissement nous rapportera par la suite devra être ramené à sa valeur actuelle via l’inflation.

Si on reprend maintenant notre exemple, on trouve que :

VAN(A)= -200+50/(5%)+⋯+ 50/(5%)=186,9
VAN(B)= -300+70/(5%)+⋯+ 70/(5%)=240,5

On observe ainsi que, compte des paramètres à notre disposition, la valeur actuelle nette de l’investissement B est supérieure à celle de l’investissement A. Un analyste Corporate Finance conseillerait donc, sur la base de ces calculs, de réaliser l’investissement B plutôt que l’investissement A (sa valeur étant supérieure). Cela ne veut pas dire que l’investissement A n’est pas rentable (puisque sa VAN est positive), mais qu’il l’est tout simplement moins.

L’idée de cet article n’est pas de proposer un cours théorique sur les lois mathématiques de la Corporate Finance, mais il était d’important de présenter quelques concepts qui régissent une telle activité.

Maintenant que nous avons une idée un peu plus précise du métier d’analyste financier, il apparaît plus simple de présenter différents domaines dans lesquels ils peuvent évoluer. Nous avions déjà mentionné l’importance des opérations de fusions-acquisitions, néanmoins cette activité demeure reine parmi toutes les autres en banque d’affaires. Les analystes se prêtent ainsi au jeu de la valorisation d’entreprises, notamment pour conseiller leurs clients sur d’éventuelles acquisitions.

L’intérêt est ainsi de faire naître une société dont la valeur serait supérieure à celle des deux entreprises initialement distinctes, par le biais d’une synergie. Également, de nombreux analystes évoluent en ECM et DCM (equity capital market and debt capital market). Leur rôle est d’accompagner les entreprises privées dans leur volonté de lever du capital ou de la dette. Le rôle d’analyste est donc devenu essentiel aujourd’hui, au sein des banques d’affaires comme des fonds d’investissement.

La rémunération des bailleurs de fonds : politiques de distribution et coût du financement

La rémunération des bailleurs de fonds est un autre sujet très important puisqu’elle détermine directement le coût du capital. En effet, l’entreprise dispose de deux moyens pour se financer :

  • Les capitaux propres, qui peuvent être augmentés grâce à de nouveaux investisseurs privés, notamment sur les marchés financiers.
  • La dette, contractée auprès d’établissement bancaires, ou dans certains cas via l’émission d’obligations.

Le coût des capitaux propres, c’est finalement le taux de distribution qui permet de calculer les dividendes reversés aux actionnaires. Quant au coût de la dette, c’est finalement le coût de l’argent emprunté, c’est-à-dire le taux d’intérêt auquel on emprunte. Les politiques de distribution ont donc un impact direct sur les résultats de l’entreprise. C’est en général pour cela que les entreprises qui démarrent leur activité ne rémunèrent pas leurs actionnaires les premières années, le temps de faciliter leurs opérations financières et leurs applications opérationnelles.